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COURREGES

Parlons un peu de Courrèges, cette belle maison parisienne avant-gardiste, qui fut l’une des premières à proposer des pantalons et des mini-jupes aux femmes des années 60.

André Courrèges a fait des études de génie civil en vue de devenir ingénieur, a été élevé chez Balenciaga et a toujours témoigné d’une passion réelle pour l’architecture. Ce curieux parcours – finalement assez cohérent – explique le caractère construit de ses créations, allié à une féminité très soixante-huitarde, libérant le corps de la femme de toute contrainte vestimentaire. Adieu guêpières, corsets et talons hauts.

Cette robe, même si elle n’est pas aussi emblématique que certaines autres créations de la maison Courrèges, est à mon sens tout à fait illustrative de l’esprit du créateur : parfaitement structurée et tout aussi parfaitement féminine (et parfaitement libérante, devrais-je ajouter, car un buste plus libéré, cela s’appelle être nue, puisque nous n’avons ici que du voile brodé de fleurs).

Cette belle robe vintage est également tout à fait illustrative de ma réaction face à ce phénomène sociologique bien occidental de la FOMO (Fear Of Missing Out), ou la peur permanente de manquer quelque chose, que ce soit un achat, une occasion ou une information.

L’omnipotence d’Internet a certes pour directe conséquence une information continue, une possibilité permanente d’acheter en ligne ou d’assister à des évènements – le monde à portée de doigt, en somme.

La FOMO à portée de doigt, aussi, en réalité. Sans même s’en rendre compte, il est facile de développer cette FOMO et de rester rivé à son téléphone portable, vérifiant sans cesse les réseaux sociaux, les médias, ou encore les alertes et autres notifications que l’on aura bien voulu mettre en place.

Le phénomène de dépendance n’est pas loin, et tout est fait pour qu’il s’accentue : l’achat en ligne de collections qu’on arrive même plus à suivre tellement il y en a (merci, la fast fashion), le raz-de-marée d’informations qui sont, dans leur majorité, inintéressantes et mal traitées, ou encore l’impossible choix entre soixante soirées proposées sur Facebook. Et au final, on consomme et on vit n’importe quoi : des vêtements achetés sur un coup de tête, des informations qui n’en sont pas ou encore des évènements sans intérêt.

Le vintage a un immense avantage, au regard de ce type de phénomène de société : il ne s’achète pas à la va-vite car vous vous portez acquéreur d’un bien matériel mais aussi d’une histoire que l’on voudra bien vous expliquer quand c’est possible, et les acquisitions (qui n’arrivent pas à chaque fois) ressemblent en réalité plus à des chasses aux trésors ou à des trouvailles dans des cavernes dignes d’Ali Baba.

Voici donc le trésor vintage du jour.

 

Marquis Paris - Petit Palais

Marquis Paris - Petit Palais

Marquis Paris - Petit Palais

Marquis Paris - Petit Palais

Marquis Paris - Petit Palais

Marquis Paris - Petit Palais

Marquis Paris - Petit Palais

Marquis Paris - Petit Palais

Marquis Paris - Petit Palais

Marquis Paris - Petit Palais

Marquis Paris - Petit Palais

Robe Courrèges – Pochette Fendi – Escarpins Dior – Gants vintage

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2 commentaires

Je ne connaissais pas le FOMO (mais comme j’ai complètement déconnecté des réseaux sociaux pendant 2 mois, je crois que je ne suis pas encore atteinte de ce syndrome). Et je suis bien d’accord avec toi (comme d’habitude) : le vintage c’est aussi la surprise de tomber sur un trésor, dont personne ne connaît plus l’existence (a part toi) et que tu révèles au monde … c’est l’effet que me fait aussi la couture (choisir un modèle, le tissu et la doublure – galèrer et découdre – mais ne pas lâcher et finalement  « tadaaaa » un vêtement unique …

Ca, tu ne risquais pas d’être victime de FOMO ces derniers temps, vu ton emploi du temps… Oui, tu as raison, couture et vintage, même combat ! Et quand je vois le résultat sur tes photos, c’est topissime ! Mille bises, belle amie !