Night & day

MERES ET FILLES

Il est urgent de s’aimer. De s’aimer soi-même pour aimer les autres.

Ce motto, déjà inscrit dans l’ADN même de ce blog, est l’idée majeure du livre de Renee Engeln, Professeur du département de psychologie à la Northwestern University, paru en avril 2017 : “Beauty sick: How the cultural obsession with appearance hurts girls and women”.

Lorsque l’espace mental d’une femme est pollué par ses complexes, le souci qu’elle a de son apparence ou son désamour pour elle-même, il est certain que cela devient compliqué de s’intéresser réellement à autrui.

Et lorsque l’espace mental d’une mère est pollué par ses complexes, le souci qu’elle a de son apparence ou son désamour pour elle-même, la première à en pâtir est… sa fille.

C’est l’appréhension que la mère aura de son corps qui façonnera l’appréhension qu’aura sa fille de son propre corps.

Une mère obsédée par son poids mettra, sans même le vouloir, cette même charge sur les épaules de sa fille : des études américaines ont ainsi déterminé que lorsque la mère suit un régime de manière régulière, la petite fille sera d’elle-même attentive à son alimentation, et cela dès 11 ans en moyenne. Et les statistiques et témoignages se déclinent à l’avenant.

Les jeunes femmes interrogées par Renee Engeln estiment dans leur grande majorité que leurs complexes physiques sont nés primairement des complexes de leurs propres mères, et non pas du monde médiatique et publicitaire qui inflige et normalise une vision idéalisée du corps féminin (même si cela n’aide pas et que cela vient après).

A l’avenant, un complexe que la mère verbalise régulièrement, un refus de dévoiler son corps sur la plage, une accointance un peu trop régulière avec la balance ou encore un régime alimentaire trop strict seront autant d’erreurs aux effets dévastateurs pour la femme en devenir qu’est la petite fille.

En ce qui me concerne, j’ai quelques règles d’or que j’applique au quotidien.

La première règle rejoint le refus de ce que l’on appelle en psychologie la posture de la mère rivale (et personnifiée par toutes les belles-mères des contes de fée). Ma beauté n’est pas et ne sera jamais en concurrence avec celles de mes filles. Il se trouve qu’elles sont très belles, donc c’est facile de leur dire – chose que je fais régulièrement – mais je ne veux pas non plus en faire leur qualité principale ou première, si bien que le compliment vient souvent après bien d’autres.

La seconde règle est de ne côtoyer la balance que de temps en temps (une fois par mois ou par an, cela dépend des années) et de ne jamais me plaindre d’un complexe quelconque, mais plutôt de mettre en valeur que chacun est différent : Audrey Hepburn et Marilyn Monroe ne pouvaient pas être plus différentes et elles étaient pour autant aussi irrésistibles l’une que l’autre.

La troisième règle est d’expliquer encore et toujours le risque induit par les médias sociaux, la publicité, le marketing et – de manière générale – la place de la femme et l’image de son corps dans la société actuelle. Je suis toujours plus que ravie de montrer à mon ado chérie les photos absolument peu flatteuses qui peuvent émerger des séances-photos que nécessite ce blog.

La dernière et plus importante règle est de ne pas accorder trop d’importance à l’une de ses dimensions : nous ne sommes pas juste un cerveau, juste un cœur, juste un corps, nous sommes la somme de tout cela et c’est de cette somme que nait notre charisme. Et rien n’est plus puissant que le charisme 😉

 

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Robe Tara Jarmon – Ballerines Missoni – Collier en corail, chapeau et sac vintage – Foulard Bonton – Lunettes de soleil Face A Face – Escarpins Manolo Blahnik

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4 commentaires

Parfais, je me dis qu’avoir une fille, ce doit être compliqué pour … une mère … (oui, je sais ce que tu vas me dire : les garçons ont aussi leur dose de complexité à gérer avec leur père – et leur mère aussi – et on doit trouver un parallélisme à cette étude côté poilus …). Pour autant, il n’y a jamais – ou rarement- de compétition ou de tension sur le physique (i.e. : à part me dire que je suis tout de même bien dodue du fessier et du ventre, ce dernier ayant une consistance très proche de la gelée, dixit junior 2 🙄) les sujets liés au physique ne les intéresse pas vraiment. Pour l’instant … et je suis vigilante à ce qu’ils soient bienveillants sur ce sujets avec leurs amies (ce qu’ils sont, je ne les ai jamais entendu faire de remarques désobligeantes). Mais à surveiller car pour faire tomber les préjugés il faut aussi éduquer nos hommes. Bisous ma belle marquise …

Tu as raison, question d’éducation, pour filles et pour garçons… Tout vient de là, de toute façon !
Je t’embrasse ma belle amie !

Pas facile en effet de ne naviguer sur ce sujet complexe. Nous véhiculons nos complexes (plus ou moins importants selon les femmes) souvent inconsciemment, et nos filles les perçoivent bien. Je ne mange pas beaucoup, non pas pour faire un régime, mais je n’y arrive pas, et cela n’échappe pas à mes enfants et ma fille en particulier. A bientôt 15 ans , je la vois commencer à se surveiller un peu. Tant que cela reste raisonnable, je n’interviens pas, elle est parfaite comme elle est. Mais l’image est de plus en plus présente dans son quotidien. Ton article est vraiment intéressant et ton approche tout autant.

Merci belle amie. Effectivement, pas facile de naviguer entre sa propre image, ce que l’on projette inconsciemment et l’environnement socio-culturel largement relayé par les médias… Je suis certaine qu’avec moult dialogues et explications, nos filles trouveront leur place et leur sérénité. Mille baisers !