Black and white

SUIS-JE FEMINISTE ?

Suis-je féministe ?

La bonne vieille question qui fâche. Et histoire de détendre l’atmosphère, je vous pose là quelques photos vestimentairement dignes de Simone de Beauvoir.

(Simone, sors de ce corps !)

Donc, je reprends. Suis-je féministe ?

Eh bien, je n’en sais rien. J’ai beau avoir lu Simone de Beauvoir et Benoîte Groult dans ma jeunesse, j’ai beau lire de manière régulière une myriade d’articles et d’études sur le sujet, je n’en ai foutre-foutre aucune idée.

Le féminisme, qu’est-ce que donc ?

Si j’en crois le CNRTL (le Centre National des Ressources Textuelles et Lexicales français), il s’agit d’un “mouvement social qui a pour objet l’émancipation de la femme, l’extension de ses droits en vue d’égaliser son statut avec celui de l’homme, en particulier dans le domaine juridique, politique, économique”, il s’agit également de la “doctrine, idéologie correspondante”.

C’est évidemment ici la définition stricto sensu, dans laquelle je ne me reconnais guère, puisque je n’ai pas suivi d’études universitaires sur le féminisme, que je ne milite aucunement en vue de promouvoir l’émancipation des femmes, et que, de manière générale, je reste toujours très circonspecte vis-à-vis de tout type de doctrine ou idéologie.

Dire que je suis féministe serait donc franchement prétentieux, puisque je ne participe aucunement à la promotion des droits des femmes, à un niveau collectif. Cela me fait donc toujours doucement rire d’entendre la phrase “je suis féministe” alors même qu’aucune action ne vient corroborer cette affirmation.

Si je raffine un petit peu le débat, je comprends bien que le féminisme est absolument et totalement polyforme, et que plusieurs courants existent selon les lieux et les époques. J’ai une dette infinie à l’égard de mes aïeules qui se sont battues afin que je puisse avoir un statut juridique équivalent à celui des hommes, le droit de disposer de mon corps et de mon consentement, et cela, je le dis très sérieusement. Pour autant, j’ai du mal à me reconnaitre dans les courants féminismes proposés, dans leurs termes actuels.

Après… aujourd’hui, ai-je une conscience féministe, ce qui est encore différent ? J’ai toujours vécu dans l’idée que j’étais un être humain qui avait les mêmes droits que son voisin dans une situation comparable, fût-il un homme ou une femme. J’ai donc adopté l’attitude qui allait en conséquence, qu’il s’agisse de ma rétribution financière ou du respect qui m’était dû comme tout un chacun. Une sorte de posture et de négociation implicite signifiant clairement “Ne venez pas m’embrouiller avec vos salades”. Rien à voir avec le genre, ou plutôt tout à voir avec les deux genres, puisque je me sens profondément féminine ET masculine à la fois, et selon les circonstances, je serai plus ou moins l’un ou l’autre.

A titre individuel encore, et cette fois-ci vis-à-vis de mes enfants, je déteste ranger les gens dans des boites. Les mises en boite amènent à l’érection d’archétypes et partant, de comportements et de raisonnements très limités. Mon fils joue de temps en temps avec les poupées de sa sœur, et elle-même aime parfois faire la guerre, ce qui me va très très bien. On peut être un petit prince qui aime jouer au chevalier et pleurer comme jamais lorsque l’on a un bobo au cœur. On peut être une princesse sans que cela implique forcément de porter – je cite – “une robe de princesse” et faire la guerre – la princesse Leia en étant le meilleur exemple dans Star Wars.

Pour le reste, je vais être honnête, je n’ai pas vraiment de conscience féministe pour la bonne raison que l’utilisation de l’unique mot “égalité” que l’on retrouve dans tous les courants de pensée féministe, me dérange vraiment. Je suis évidemment la première à reconnaître qu’il faut une égalité juridique et sociale des femmes par rapport aux hommes. Mais une fois cette égalité acquise (et nous sommes bien d’accord que ce n’est pas le cas partout ni dans tous les domaines), il me semble qu’il manque toujours un point excessivement important dans le débat : la pleine reconnaissance de la singularité de chacun des deux genres.

Et partant, je préfèrerais le terme d’équité, c’est-à-dire l’appréciation et le respect justes de ce qui est dû à chacun. Car, à mon sens, au-delà d’un certain point qui n’a plus rien à voir avec le juridique ou le sociétal – mais avec la pâte humaine – on ne peut pas dénier la singularité de chacun des sexes. Différences anatomiques évidentes, chromosomiques et hormonales qui auront pour conséquence une différence d’action et de réaction des hommes par rapport aux femmes et vice versa.

Je mets volontairement à part les différences neuronales, car elles me semblent biaisées par le contexte socio-culturel.

Je n’ai pas vraiment de conscience féministe pour une autre raison : je n’aime pas les comportements “en contre”. Et encore à l’heure actuelle, il me semble que les mouvements féministes sont en contre de la population masculine, ce qui me semble moyennement productif. C’est pour cela que j’ai été agréablement surprise par la campagne “He For She” lancée par Emma Watson sous l’égide de l’ONU, car elle invite non seulement les hommes à participer à la promotion des droits des femmes, mais également à briser les archétypes dans lesquels ils sont eux-mêmes enfermés (pour résumer à la hache : homme = fort et insensible).

Je n’ai pas vraiment de conscience féministe pour une dernière raison : je déteste parfois les extrémités auxquelles nous porte un certain féminisme outré. Je trouve l’omnipotence accordée aux femmes dans certaines circonstances absolument répugnante, notamment lorsque l’on en vient au droit de garde des enfants lors d’un divorce et à l’image inattaquable de la mère, ou encore lorsque l’on en vient à la décision d’imposer un avortement ou une naissance contre la volonté de son partenaire de longue durée, sur le seul argument – un peu bref à mon sens – “c’est mon corps, je fais ce que je veux”.

Bref. Je ne sais pas si je suis féministe ou si j’ai une conscience féministe acérée. Je ne pense pas. Il me semble qu’aujourd’hui, l’action féministe est – globalement – limitée car il faut en réalité aller au-delà des droits du sexe féminin pour inclure le sexe masculin dans le débat. Je crois que les hommes ont bien besoin d’aide dans certains domaines.

Je serais plutôt “genruniversaliste” ou plus simplement humaniste car j’aime infiniment les femmes (mais je déteste les pétasses), mais j’aime aussi passionnément les hommes (et je déteste les gros nases). Non pas parce qu’elles sont femmes ou parce qu’ils sont hommes, mais parce que chacun, dans sa singularité, recèle des trésors humains.

 

img_2342

img_2202

img_2240

img_2114

img_2273

img_2124

Manteau Max Mara – Derbies YSL – Pull Eric Bompard – Jupe Hartwood – Pochette Dior – Gants Agnelle – Lunettes de soleil Tom Ford – Collier Swarovski – Turban vintage

you may also like

2 commentaires

Je lis toujours avec délectation tes posts. Je garde dans ma tete « equité » et « genrehumaniste » : tu viens de résumer, pour moi en tout cas, ce que l’on devrait toujours avoir en ligne de mire (ou en fil conducteur, d’ailleurs), quand on accompagne nos enfants, nos amis, nos collaborateurs et que l’on discute de la vie (perso ou pro). Tout comme toi (mais tu le sais, nous en avons déjà parlé), je déteste les boites (ce qui ne veut pas dire que je n’aime pas les communautés d’intérêt, plus basées sur le partage que sur l’étiquette) , mais je fais tout de meme avec. Humanistes du monde, donnons nous la main. Bisous

Merci ma belle amie. Je suis heureuse qu’une personne tolérante et fondamentalement bonne et ouverte comme toi soit sur la même longueur d’ondes que moi. Je trouve que c’est un sujet excessivement compliqué car il y a beaucoup à dire, à affiner, mais l’idée est là. Je t’embrasse fort !